Questions fréquentes

Qui sont les Acadiens?


Les Acadiens sont les descendants de colons français venus s’établir en Amérique du Nord à partir de 1604. Ils étaient principalement originaires du centre-ouest de la France. Ils se sont installés dans le territoire antérieurement nommé « Acadie ». Dans ses limites les plus restreintes, cette colonie correspondait à la Nouvelle-Écosse péninsulaire d’aujourd’hui. Les Acadiens s’établissent principalement autour de la baie de Fundy où ils vivent de la culture de la terre et de l’élevage. Ils deviennent des habitants relativement prospères malgré le fait qu’ils habitent une colonie politiquement instable. En effet, l’Acadie est l’objet de batailles incessantes entre les Français et les Britanniques qui veulent de part et d’autre contrôler ce territoire stratégiquement situé entre la Nouvelle-Angleterre et la Nouvelle-France. Les Acadiens vivent donc tantôt sous le contrôle français, tantôt sous celui des Britanniques. Enfin, en 1713, la France perd définitivement l’Acadie à l’Angleterre par le Traité d’Utrecht. Les Acadiens continuent cependant de l’habiter jusqu’en 1755 alors qu’ils en sont déportés et éparpillés dans les colonies britanniques du sud qui correspondent aujourd’hui à l’est des États-Unis. Dès 1720, quelques familles acadiennes émigrent à l’Île Saint-Jean, territoire qui se trouve toujours sous le contrôle de la France. Dans les années qui suivent, de nombreuses autres familles y émigrent, surtout pendant les sept années qui précèdent la grande dispersion de 1755.




Qui sont les premiers Acadiens venus à l’Île Saint-Jean?


D’abord, le premier gros groupe de colons français à s’établir à l’Île n’était pas constitué d’Acadiens; il s’agissait de quelque 200 colons venus directement de France. Ils se sont installés surtout à Havre Saint-Pierre et à Havre-aux-Sauvages, où on pouvait faire la pêche à la morue. Les quelques familles acadiennes qui émigrent à l’Île dans les années 1720 se fixent à Port-Lajoie, à Havre-aux-Sauvages, à Rivière-du-Nord-Est (rivière Hillsborough), à Tracadie et à Malpèque.




Qui sont les familles fondatrices acadiennes de l’Île-du-Prince-Édouard?


Les noms des familles-souches des Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard (période d’arrivée : 1720-1850) sont inscrits sur des pierres en avant du Musée acadien. Avec l’aide du généalogiste Stephen White, la liste des noms a été établie de la façon suivante :

  1. Les 27 noms des chefs de famille du recensement de 1798
  2. Deux autres noms qui ne figurent pas au recensement de 1798, mais dont on sait l’existence à l’Île en 1798, ont été ajoutés
  3. Cinq des épouses des 27 chefs de famille du recensement de 1798 dont les ancêtres étaient à l’Île Saint-Jean avant la Déportation
  4. Dix autres familles qui sont arrivées à l’Île entre 1827 et 1850
1. Les 27 noms des chefs de famille du recensement de 1798 :
  • Arsenault
  • Aucoin
  • Bernard
  • Blanchard
  • Blaquière
  • Bourque
  • Buote
  • Cheverie
  • Chiasson
  • DesRoches
  • Doiron
  • Doucet
  • Downing
  • Gallant
  • Gaudet
  • Gauthier
  • Gautreau
  • Landry
  • LeBrun
  • LeClair
  • Longuépée
  • Martin
  • Pineau
  • Pitre
  • Poirier
  • Richard
  • Roussel
2. Deux autres noms qui ne figurent pas au recensement de 1798, mais dont on sait l’existence à l’Île en 1798, ont été ajoutés :
  • Cormier
  • Daigle
3. Cinq des épouses des 27 chefs de famille du recensement de 1798 dont les ancêtres étaient à l’Île Saint-Jean avant la Déportation :
  • Belliveau : Trois soeurs qui épousent Doucet, LeClair et Buote.
  • Boudreau : Importance des neufs soeurs Boudreau dans les familles acadiennes de l’Île.
  • Carret : L’ancêtre féminin de Martin.
  • Comeau : L’ancêtre féminin de certaines familles Blaquière et Gautreau.
  • Petitpas : Épouse d’un des Bourque.
4. Dix autres familles qui sont arrivées à l’Île entre 1827 et 1850 : Famille-Date de la 1re mention aux registres paroissiaux
  • Caissie - 1827
  • Haché - 1830
  • Maillet - 1835
  • Thibodeau - 1835
  • LeBlanc - 1836
  • Barriault - 1839
  • Robichaud - 1840
  • Thériault - 1844
  • Duguay - 1845
  • Maddix - 1851




Quels sont les faits entourant la Déportation des Acadiens de l’Î-P-É?


La déportation de l’Île Saint-Jean (aujourd’hui l’Île-du-Prince-Édouard) eut lieu en 1758. Les Acadiens de l’Île ont alors été déportés en France, alors qu’en 1755, ceux de l’Acadie (la Nouvelle-Écosse actuelle) avaient été déportés dans les colonies anglaises du Massachusetts jusqu’à la Géorgie. Près de 3 000 Acadiens ont été déportés de l’Île Saint-Jean en France. De ce nombre, seulement environ 35 p. 100 ont survécu à cette dure épreuve. Deux-tiers des déportés sont donc décédés, soit noyés lors de naufrages des navires qui les transportaient, ou suite aux épidémies qui ont sévi à bord des autres navires. Par ailleurs, environ 2 000 Acadiens de l’Île Saint-Jean ont échappé à la déportation, soit en se réfugiant au nord du Nouveau-Brunswick ou en se cachant dans l’Île.




D’où vient le nom « Île Saint-Jean » ?


On ne sait pas qui a donné le nom Île Saint-Jean, mais le nom existait déjà en 1601, puisqu’il apparaît sur une carte géographique. Ce n’est pas Jacques Cartier qui a nommé l’Île. Celui-ci n’a pas reconnu l’insularité de notre territoire, qu’il a accosté vers la fin juin 1534. L’Île a probablement été nommée en l’honneur de Saint Jean-Baptiste; les explorateurs accostaient nos côtes vers la fête patronale (le 24 juin).




D’où vient le nom « Rustico » ?


« Rustico » est le nom d’un village à l’Île-du-Prince-Édouard. On pense que le lieu a été nommé d’après René Racicot, un Normand qui est venu à l’Île en 1724 et qui s’est marié avec Marie Haché, fille de Michel Haché-Gallant, mais il n’y a pas d’indication que René Racicot ou sa famille ait demeuré à Rustico; on ne sait donc pas pourquoi son nom a été donné au lieu. Même s’il n’y avait pas d’Acadiens qui vivaient à Rustico avant la déportation, les Français appelaient déjà ce lieu « Racicot ». Dans le journal de sa visite pastorale en 1812, Mgr Plessis, l’évêque de Québec, affirme que l’on dit à la fois Racicot et Rustico.




D’où vient le nom « Acadie » ?


On attribue à l’explorateur italien, Giovanni Verrazano, l’origine du toponyme « Acadie ». Lors d’un voyage d’exploration pour le roi de France en 1524, il baptise « Arcadia » une partie de la côte atlantique des États-Unis, soit la région de la Virginie. Impressionné par la beauté du paysage, ce lieu lui rappelle l’Arcadie de la Grèce antique. Cependant, les cartographes qui le suivent déplacent non seulement le toponyme vers le nord (la Nouvelle-Écosse péninsulaire d’aujourdhui), mais le modifient également à Larcadia, Cadie, La Cadie et enfin à l’Acadie. Certains croient aussi à une influence de la langue micmaque dans le toponyme Acadie. En Micmac, l’expression « cadie » signifie lieu d’abondance. On retrouve ce mot dans les toponymes tels « Tracadie » et « Shubenacadie ».




Qu’est-ce que le drapeau acadien représente?


Le drapeau acadien a été choisi à Miscouche (Île-du-Prince-Édouard), en 1884, lors de la deuxième Convention nationale des Acadiens. Il a été proposé par l’abbé Marcel-François Richard de Saint-Louis (Nouveau-Brunswick), président de la 3ecommission chargée d’étudier le choix d’un drapeau national. Voici comment il a présenté son choix : « À une armée, il faut un étendard. La bannière de l’Assomption, naturellement, sera portée avec un patriotisme religieux en tête de nos processions religieuses. Mais il nous faut avoir un drapeau national qui flotte sur nos têtes aux jours de nos réunions ou célébrations nationales. Plusieurs formes de drapeaux ont été proposées. Je ne veux pas déprécier les suggestions faites à ce propos, mais je ne puis m’accorder avec ceux qui prétendent que nous devons choisir un drapeau tout à fait différent de celui qui représente notre mère-patrie. Le drapeau tricolore est le drapeau de la France, dont nous sommes les descendants, et ce drapeau a le droit de flotter par convenance internationale dans l’univers entier. Pour nous, Acadiens, ce drapeau nous dit simplement que nous sommes Français et que la France est notre mère-patrie, comme le drapeau irlandais rappelle aux Irlandais leur origine et leur patrie. Cependant, je voudrais que l’Acadie eût un drapeau qui lui rappelât non seulement que ses enfants sont français, mais qu’ils sont aussi acadiens. Je suggère donc, et je propose aux délégués de cette Convention, le plan suivant du drapeau national. Le drapeau tricolore tel que confectionné serait celui de l’Acadie en y ajoutant dans la partie bleue une étoile aux couleurs papales. L’étoile qui représente l’étoile de Marie, Stella Maris, servira d’écusson dans notre drapeau comme celui du Canada fait du drapeau anglais celui de la Confédération… » Le drapeau acadien était une question à laquelle l’abbé Marcel-François Richard réfléchissait depuis plusieurs années. En 1882, lors de la fête de l’Assomption, à Saint-Louis, il lançait effectivement quelques idées pour un drapeau acadien : « Je vois flotter sur le terrain de l’église, disait-il à la foule rassemblée, quatre drapeaux (le drapeau de Marie, le drapeau pontifical, le drapeau français et le Union Jack) dont les couleurs et les nuances semblent fort propres à confectionner le drapeau acadien. » Deux ans plus tard, il présentait aux membres de la commission son plan d’un drapeau acadien. Le 15 août, en après-midi, les travaux de la 3e commission terminés, le Père A.-D. Cormier présenta son rapport à la plénière qu’il termine par la proposition suivante : « Il est proposé par le secrétaire, appuyé par M. l’abbé M.-F. Richard, que : “Le drapeau tricolore soit le drapeau national des Acadiens-français. Comme marque distinctive de la nationalité acadienne, on placera une étoile, figure de Marie, dans la partie bleue, qui est la couleur symbolique des personnages consacrés à la sainte Vierge. Cette étoile, Stella Maris, qui doit guider la petite colonie acadienne à travers les orages et les écueils, sera aux couleurs papales pour montrer notre inviolable attachement à la sainte Église, notre mère.” » Après un discours de l’abbé Richard, la proposition fut ensuite mise au vote et reçut un appui unanime et enthousiaste de la foule. En soirée, alors que les délégués étaient réunis dans la grande salle du couvent pour clore la Convention, l’abbé Richard déploya, à la grande surprise des congressistes, le nouveau drapeau acadien qu’il avait fait fabriquer par une de ses paroissiennes. C’est avec beaucoup d’émotions que les délégués saluèrent pour la première fois leur drapeau national qui fut hissé, le lendemain, en face de l’église de Miscouche. Il est devenu ainsi, au cours des années, le plus puissant symbole d’identité culturelle du peuple acadien. L’abbé Richard a aussi été influent pour le choix de la fête nationale lors de la première Convention nationale acadienne tenue à Memramcook (Nouveau-Brunswick). (« Un peuple à unir », numéro spécial de La Petite Souvenance pour souligner le Centenaire du drapeau acadien, 1884-1984, publié par la Société historique acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.)




Quels sont les symboles nationaux acadiens?


Une fête nationale, un drapeau, un hymne national, une devise et un insigne constituent les symboles nationaux acadiens. Les premiers nationalistes acadiens étaient conscients de l’importance de donner à leur peuple des symboles d’identité culturelle. Cette question fut donc longuement discutée aux deux premières Conventions nationales acadiennes. À la Convention de Memramcook, en 1881, les Acadiens se choisirent donc une fête nationale, et à la Convention de Miscouche, en 1884, ils complètent le choix des symboles en adoptant un drapeau, un air national, une devise et un insigne. (« Un peuple à unir », numéro spécial de La Petite Souvenance pour souligner le Centenaire du drapeau acadien, 1884-1984, publié par la Société historique acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.)




Quels sont l’insigne et la devise des Acadiens?


La devise des Acadiens est « L’union fait la force ». Ils ont été adoptés à Miscouche, Île-du-Prince-Édouard, en 1884, lors de la deuxième Convention nationale des Acadiens. Le choix de ces symboles a été étudié par les membres de la commission du drapeau et du chant national qui formulèrent ensuite la proposition suivante, adopté à l’unanimité par l’ensemble des délégués : « Il est proposé et secondé que l’insigne qui se portera à la boutonnière aux jours des fêtes sera une bandelette de soie bleue sur laquelle sera frappée une étoile entourée de rayons. Au-dessous, un vaisseau voguant à pleines voiles avec le mot Acadie écrit sur le pavillon. La devise au bas sera : « L’union fait la force ». Le tout couronné d’une rosette en ruban rouge et blanc. » Les Acadiens se sont très peu servis de l’insigne. En effet, on n’en connaît qu’un seul conservé au Musée acadien de l’Université de Moncton. On l’aperçoit, sur une photographie de la Collection des Pères Eudistes conservée aux Archives provinciales du Nouveau-Brunswick, à la boutonnière du docteur Félix Comeau, président du comité exécutif de la cinquième Convention, tenue à Caraquet (Nouveau-Brunswick), en 1905. La devise, par contre, apparaît un peu plus souvent. Les Acadiens l’utilisaient parfois dans les discours et dans les décors lors de fêtes, de cérémonies religieuses ou de conventions. L’Impartial(1893-1915), le premier journal de langue française publié à l’Île-du-Prince-Édouard, l’affichait comme sa propre devise. Aujourd’hui, elle est très peu connue chez les Acadiens comme devise nationale. (« Un peuple à unir », numéro spécial de La Petite Souvenance pour souligner le Centenaire du drapeau acadien, 1884-1984, publié par la Société historique acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.)




Quel est l’hymne national des Acadiens?


Le chant national acadien a été choisi à Miscouche, Île-du-Prince-Édouard, en 1884, lors de la deuxième Convention nationale des Acadiens. Les délégués de la troisième commission intitulée « Drapeau et chant national », incapables de soumettre une seule suggestion appropriée, ont nommé un comité spécial qui n’eut pas à faire d’étude préalable ni à faire des recommandations, car la Convention se rallia spontanément autour du cantique marial, l’Ave Maris Stella, probablement plus pour la mélodie que pour les paroles. En effet, lorsque l’abbé Richard et le Père Cormier déploient, devant un auditoire ému, un superbe drapeau tricolore orné de l’étoile aux couleurs pontificales, l’enthousiasme est universelle. De bruyantes acclamations saluent l’étendard que l’on voit pour la première fois. De toutes parts, on demande une chanson, lorsque l’abbé Richard entonne d’une voix grave et solennelle l’Ave Maris Stella, que tout le monde répète après lui. L’abbé Richard, prenant la parole, exprime l’espoir que nos musiciens nous donneront bientôt un air national. Pascal Poirier, l’interrompant, annonce que pour lui « l’air national des Acadiens est tout trouvé, et trouvé d’une manière merveilleuse qui montre le doigt de Dieu, l’intervention de Marie, notre patronne. Cet air que nous cherchions, que nous implorions, il vient de retentir à nos oreilles, il vient d’éveiller dans nos coeurs les plus douces et les plus suaves sensations. C’est l’air entonné par l’abbé Richard, répété par toute l’assistance, c’est l’air de l’Ave Maris Stella, qui se chante dans toutes nos églises et que l’on entend si souvent dans les chaumières; la salutation de l’Église à Marie, patronne des Acadiens ». Ces paroles sont accueillies par la foule avec allégresse. Le président soumit la proposition à l’assemblée qui l’adopta au bruit des acclamations enthousiastes de la délégation. Par la suite, des individus se sont alors montrés en faveur de rimes plus représentatives des Acadiens, avec leur passé rempli d’orages et leur avenir souriant d’espoir. D’autres sont choqués de voir un chant de l’Église traîner dans les lieux où on fait de la politique et où il y a de l’alcool. Il y eut à maintes reprises des essais de composition d’un hymne national acadien sur l’air adopté à Miscouche. Deux compositions profanes ont connu un certain succès, soit la Marseillaise acadienne, composée en 1910 par l’abbé A.-T. Bourque, et En Avant!, oeuvre de l’abbé Stanislas Doucet, datant de 1912. À partir des années 1960, l’Ave Maris Stella fut remis en question lors de divers ralliements. Même qu’en 1972, à la réunion des francophones du Nouveau-Brunswick tenue à Fredericton, 58,7 % des délégués se sont déclarés favorables à ce que l’hymne national des Acadiens, l’Ave Maris Stella, soit remplacé alors que seulement 16,8 % étaient contre. En 1984, cent ans après le choix de ce cantique, la question de chant national acadien n’est toujours pas réglée. L’Ave Maris Stella, que l’on chante alors encore en latin lors de certaines manifestations patriotiques, demeure l’hymne national officiel de l’Acadie. Il existe toutefois un manque de consensus autour de ce symbole. Voici donc les paroles de l’Ave Maris Stella : Ave, maris stella,
Dei Mater alma,
Atque semper Virgo,
Felix coeli porta. (bis) Sumens illud Ave
Gabrielis ore,
Funda nos in pace,
Mutans Hevae nomen.(bis) Solve vincla reis,
Profer lumen caecis,
Mala nostra pelle,
Bona cuncta posce.(bis) Monstra te esse matrem,
Sumat per te preces
Qui pro nobis natus,
Tulit esse tuus.(bis) Virgo singularis
Inter omnes mitis,
Nos culpis solutos
Mites fac et castos.(bis) Vitam praesta puram,
Iter para tutum,
Ut videntes Jesum
Semper collaetemur.(bis) Sit laus Deo Patri,
Summo Christo decus,
Spiritui Sancto,
Tribus honor unus.(bis) Amen. (« Un peuple à unir », numéro spécial de La Petite Souvenance pour souligner le Centenaire du drapeau acadien, 1884-1984, publié par la Société historique acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.) Version française : En 1994, la Société nationale de l’Acadie lance un concours et retient la version de Jacinthe Laforest, journaliste de La Voix acadienne. Voici les paroles, en français, qu’elle a composées sur l’air de l’Ave Maris Stella. Ave Maris Stella
Dei Mater Alma
Atque Semper Virgo
Felix Coeli Porta (bis) Acadie ma patrie
À ton nom, je me lie
Ma vie, ma foi sont à toi
Tu me protégeras (bis) Acadie ma patrie
Ma terre et mon défi
De près, de loin tu me tiens
Mon coeur est acadien (bis) Acadie ma patrie
Ton histoire, je la vis
La fierté, je te la dois
En l’avenir, je crois (bis) (Refrain)




Quand célèbre-t-on la Fête nationale des Acadiens?


La Fête nationale des Acadiens a lieu le 15 août. Ce choix a été le fait saillant de la première Convention nationale des Acadiens, à Memramcook (Nouveau-Brunswick) en 1881. Cette question a amené de grandes discussions. Les délégués furent exposés à plusieurs suggestions, mais le débat se fit surtout entre la Saint-Jean-Baptiste, fête nationale des Canadiens français, célébrée le 24 juin, et la Notre-Dame de l’Assomption, célébrée le 15 août. Les partisans de la Saint-Jean-Baptiste étaient d’avis qu’une fête commune à tous les Canadiens de langue française les unirait autour d’objectifs communs, face à la majorité anglophone du pays. Ils souhaitaient voir se resserrer davantage les liens entre l’Acadie et le Québec. D’ailleurs, il existait en Acadie, depuis les années 1860, un mouvement destiné à encourager les paroisses acadiennes à célébrer la Saint-Jean-Baptiste. Des prêtres et des laïcs avaient introduit cette pratique. C’est à Rustico, à l’Île-du-Prince-Édouard, qu’eut lieu, au tout début des années 1860, la première fête de la Saint-Jean-Baptiste en Acadie. Le prêtre québécois Georges-Antoine Belcourt, curé de la paroisse, avait fondé un institut de tempérance sous le patronage de Saint-Jean-Baptiste et chaque année les membres fêtaient vivement la fête de leur saint patron. Memramcook, Bouctouche, Miscouche et Baie-Egmont emboîtèrent bientôt le pas. En 1881, un certain nombre de paroisses acadiennes chômaient donc, depuis quelques années, la Saint-Jean-Baptiste. Les partisans de l’Assomption, par contre, affirmaient que l’histoire et la nationalité des Acadiens étaient différentes de celles des autres Canadiens français; il fallait donc une fête bien acadienne pour renforcer cette identité nationale qui leur était propre. Le fait que la France avait été consacrée à la Vierge sous le règne de Louis XIII, à l’époque même de la fondation de l’Acadie, fut un autre argument utilisé en faveur du choix de cette fête. Le temps de l’année apportait un autre élément au débat. La fête de l’Assomption arrivait à l’une des époques empressées de l’année, soit au temps des foins. Pour cette raison, la fête nationale des Acadiens ne pourrait être chômée avec tout élan désiré, car un grand nombre d’Acadiens seraient occupés à la moisson. Par contre, la Saint-Jean-Baptiste se trouvait au temps des semences, une saison de l’année également achalandée pour la classe agricole. Plusieurs discours furent prononcés lors du débat, dont un par l’abbé Marcel-François Richard, l’un des plus ardents promoteurs de l’Assomption. Son éloquent plaidoyer a vraisemblablement influencé la décision, car c’est cette proposition qui fut adoptée, cependant, sans grande longueur d’avance. Voici un extrait de son discours : « … En effet, il me semble qu’un peuple qui, pendant plus d’un siècle d’épreuves et de persécutions, a su conserver sa religion, sa langue, ses coutumes et son autonomie, doit avoir acquis assez d’importance pour mériter qu’il adopte les moyens d’affirmer son existence d’une manière solennelle; et cela ne saurait se faire plus efficacement que par la célébration d’une fête nationale qui lui soit propre… Permettez-moi maintenant de vous signaler quelques-uns des motifs qui doivent vous engager à choisir la reine de l’Assomption comme fête nationale des Acadiens de préférence à la Saint-Jean-Baptiste. Les Canadiens ayant choisi Saint-Jean-Baptiste pour patron, il me semble qu’à moins de vouloir confondre notre nationalité dans la leur, il est urgent pour les Acadiens de se choisir une fête particulière. Il est bon de remarquer que nous ne sommes pas les descendants des Canadiens, mais de la France, et par conséquent je ne vois aucune raison qui nous engage à nous faire adopter la Saint-Jean-Baptiste comme notre fête nationale… Nous devons tâcher de nous choisir une fête qui nous rappelle notre origine. J’ose même affirmer que la fête de l’Assomption a toujours été et doit être toujours la fête nationale des Acadiens, descendants de la race française. Louis XIII a fait voeu de consacrer son empire à la Sainte Vierge et il voulut que la fête de l’Assomption fût la fête nationale du royaume. Or peu d’années plus tard, il envoya des colons prendre possession de l’Acadie. Ils ont dû par conséquent emporter avec eux les usages et les coutumes de leur patrie, et si des circonstances malheureuses les ont empêchés de chômer leur fête nationale d’une manière régulière, il est pourtant vrai de dire que la dévotion nationale des Acadiens, c’est la dévotion à Marie. » L’abbé Richard a aussi été influent dans le choix du drapeau acadien lors de la deuxième Convention nationale des Acadiens, à Miscouche (Île-du-Prince-Édouard), en 1884. (« Un peuple à unir », numéro spécial de La Petite Souvenance pour souligner le Centenaire du drapeau acadien, 1884-1984, publié par la Société historique acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.)




Quels sont les mets traditionnels acadiens?


Fricot à la poule ou au poulet Le fricot au poulet – que l’on appelle aussi bouillon au poulet – est de loin le plus populaire en Acadie. Autrefois, on le faisait surtout à la poule. Le fricot était d’ailleurs un mets de grandes occasions. Lorsque des visiteurs arrivaient ou qu’il y avait une fête regroupant beaucoup de monde, comme les frolics, les corvées ou les veillées, on tuait toujours une poule pour faire un fricot. Aujourd’hui encore, presque toutes les familles acadiennes font le fricot à la poule ou au poulet.

  • 1 poulet
  • matière grasse
  • 1 gros oignon haché1
  • c. à soupe de farine
  • 12 tasses (3 l) d’eau
  • sel et poivre
  • 1 c. à soupe de sarriette
  • 5 tasses de patates, en dés
  1. Couper le poulet en morceaux. Le faire dorer de tous les côtés dans la matière grasse.
  2. Enlever les morceaux et faire revenir l’oignon. Ajouter la farine. Laisser cuire 1 ou 2 minutes.
  3. Ajouter l’eau, le poulet, le sel, le poivre et la sarriette. Laisser cuire jusqu’à ce que le poulet soit tendre (environ ½ heure pour un poulet et 1 ½ heure pour une poule).
  4. Ajouter alors les patates et laisser cuire encore 20 minutes.
Variante : Très souvent on ajoute des pâtes au fricot. Dans ce cas on omet la farine et on dépose les pâtes sur le fricot 7 minutes avant la fin de la cuisson. Il est important de ne pas découvrir le chaudron durant la cuisson des pâtes. (BOUDREAU, Marielle et Melvin GALLANT, « Fricot à la poule », La cuisine traditionnelle en Acadie, Moncton, Nouveau-Brunswick : Éditions d’Acadie, 1975, p. 38.) Râpure Ce mets est pour les Acadiens de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard ce qu’est la poutine râpée pour les Acadiens du sud-est du Nouveau-Brunswick. C’est un mets de fête ou de rassemblement et que l’on retrouve toujours sur la table lorsque l’on reçoit des visiteurs. On le fait aussi dans certaines régions du Nouveau-Brunswick où on l’appelle pâté à la râpure, ou encore chiard. Si les éléments de base sont presque partout les mêmes, l’aspect général de la râpure varie considérablement selon les régions et même selon les familles. Ici on la fait au porc, là au poulet, ailleurs aux fruits de mer. Parfois, on n’utilise que des patates râpées, d’autres fois des patates en purée ou encore, du vieux pain.
  • 2 livres (1010 g) de porc gras
  • 2 oignons hachés
  • 4 belles patates en purée
  • 12 belles patates râpées fin
  • 2 oeufs
  • 1 c. à soupe de sel
  • poivre
  • sarriette si désirée
  • poivre de pauvre gens (coriandre)
  • graisse
  • grillades de lard salé
  1. Faire bouillir les patates pour la purée.
  2. Pendant ce temps, couper la viande en dés et faire griller dans la poêle.
  3. Ajouter les oignons. Lorsque les ingrédients sont bien dorés, les retirer et mettre de côté.
  4. Râper les patates crues et en extraire l’eau en les pressant dans un sac de coton, ou avec les mains. (On peut rincer les patates râpées à l’eau froide avant de les épurer pour leur enlever la couleur rose qu’elles auront prises au contact de l’air.)
  5. Dans un grand bol, bien mélanger tous les ingrédients, y compris la viande.
  6. Dans un plat allant au four (8 x 15 pouces) mettre de la graisse de lard et verser le mélange de râpure. Placer les grillades de lard sur le dessus de la préparation.
  7. Mettre au four à 180° (350°) au moins 2 heures ou jusqu’à ce que le dessus soit bien brun.
Variante : On peut remplacer le porc par du poulet ou mettre les deux. (BOUDREAU, Marielle et Melvin GALLANT, « Râpure », La cuisine traditionnelle en Acadie, Moncton, Nouveau-Brunswick : Éditions d’Acadie, 1975, p. 118.) Pâté Le pâté est une tarte à la viande que l’on retrouve partout en Acadie. C’est un mets essentiellement réservé au temps des fêtes, même si on le mange pour d’autres occasions. Il serait cependant impossible de faire un réveillon de Noël sans pâtés à la viande. On les prépare avec de la viande de porc à laquelle on mélange le plus souvent du poulet ou du lièvre, et parfois du boeuf. Malgré son universalité, il se fait différemment selon les régions; il varie aussi bien dans son contenu que dans la façon de préparer la croûte. Nous avons remarqué une différence très nette entre le pâté du nord du Nouveau-Brunswick, d’une part, et celui de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard, d’autre part. Mais partout, le pâté se mange sans accompagnement, soit le matin pour le déjeuner, le soir pour le souper ou dans la veillée. Dans la région de Petit-Rocher et de Campbellton, on préfère les Petits cochons. La préparation est la même, sauf que l’on place la viande sur une rondelle de pâte, d’environ 6 pouces () que l’on referme ensuite en demi-lune. Les pâtés peuvent se conserver plusieurs jours au frais. On les réchauffe au four avant de les manger. (BOUDREAU, Marielle et Melvin GALLANT, « Pâté », La cuisine traditionnelle en Acadie, Moncton, Nouveau-Brunswick : Éditions d’Acadie, 1975, p. 99.) Pâté à la viande Autrefois, on faisait le pâté avec une sorte de viande seulement, et le plus souvent avec du porc. De nos jours, on préfère y mélanger une ou deux autres viandes, ce qui rend le pâté moins gras et lui donne un autre goût. Pour 3 ou 4 pâtés :
  • 2 livres (1010 grammes) de porc
  • 2 livres d’autres viandes (lièvre, boeuf, poulet)
  • 1 gros oignon haché
  • sel et poivre
  • épices au choix : sarriette, clou de girofle en poudre
  • 2 c. à soupe d’oignon haché
  • 1 c. à soupe de farine
  • croûte à pâté (voir plus loin)
  1. Couper le porc et le boeuf en cubes de ½ pouce et le reste de la viande en gros morceaux.
  2. Mettre dans un chaudron avec l’oignon, le sel et le poivre, suffisamment d’eau pour couvrir les ingrédients. Laisser cuire doucement environ 1 ½ heure. Ajouter l’eau si nécessaire.
  3. ½ heure avant la fin de la cuisson, ajouter les épices et les 2 cuillerées d’oignon.
  4. Laisser refroidir, enlever la viande des os, couper en petits morceaux et remettre dans le jus de cuisson.
  5. Épaissir le jus avec la farine délayée et faire bouillir encore 2 à 3 minutes.
  6. Laisser refroidir la préparation avant de la mettre dans une croûte (voir plus loin).
(BOUDREAU, Marielle et Melvin GALLANT, « Pâté à la viande », La cuisine traditionnelle en Acadie, Moncton, Nouveau-Brunswick : Éditions d’Acadie, 1975, p. 100.) La croûte pour 3 ou 4 pâtés :
  • ¾ livre (1 ¾ de tasse) de saindoux
  • 6 tasses (816 grammes) de farine
  • 2 c. à thé de sel
  • 1 oeuf
  • 1 sachet de levure
  • 2 c. à thé de sucre
  • ¾ tasse (150 ml) d’eau tiède
  • 1 à 1 ½ tasse (225 à 325 ml) d’eau tiède
  1. Incorporer la graisse à la farine et au sel. Ajouter l’oeuf.
  2. Faire dissoudre la levure et le sucre dans ¾ tasse d’eau tiède et laisser reposer 10 minutes.
  3. Faire un puits au centre de la farine et y verser la levure dissoute et 1 tasse d’eau tiède. Mélanger graduellement à la farine de façon à obtenir une pâte assez ferme pour être roulée. Ajouter d’autre eau tiède si nécessaire.
  4. Rouler la pâte et mettre dans des moules à tarte. Y verser la garniture de viande et recouvrir d’une autre pâte.
  5. Laisser lever à la température de la pièce une quinzaine de minutes. Faire cuire au four à 400° (200°), environ 30 minutes.
(BOUDREAU, Marielle et Melvin GALLANT, « Croûtes à pâté » La cuisine traditionnelle en Acadie, Moncton, Nouveau-Brunswick : Éditions d’Acadie, 1975, p. 103.)





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